Culture : La commission Culture et l’association des Amis du Musée Soulages en conférence à la Bibliothèque Nationale de France

Publié par Marie Luxembourg le 27 janvier 2015 à 10:01 (CET) ( 385 visites )

La Commission Culture de la FNA12 en partenariat avec l’association des Amis du Musée Soulages a organisé un rendez-vous culturel exceptionnel en liaison avec l’exposition temporaire du Musée Soulages «  De Picasso à Jasper Johns, l’atelier d’Aldo Crommelynck » le mardi 20 janvier 2015 à la BNF Richelieu-Louvois.
Madame Céline Chicha Castex conservatrice à la BNF nous a fait découvrir Picasso graveur au travers de son imprimeur, Aldo Crommelynck.

Aldo n’est encore qu’un apprenti chez Roger Lacourière lorsque Picasso remarque sa minutie, sa maîtrise et son sens aigu du rendu du relief. Picasso lui donne une gouache « tête de chèvre sur la table » à graver. Le résultat est tel, que l’artiste est enchanté de découvrir un talent et une technique si aboutis chez cet apprenti-artisan ; le peintre lui fait tant de publicité que les grands artistes du siècle viennent travailler avec lui, entre autres Georges Braques, Joan Miro, Matisse Giacometti, Fernand Léger, et les Américains Richard Hamilton, David Hockney, George Condo, Jasper Johns…et bien sûr Picasso . Et c‘est ainsi qu’Aldo, associé avec ses frères Milan et Piero, devient celui qui donne une renommée internationale à l’estampe, en mettant son savoir-faire et sa technique au service des artistes.

Après avoir ouvert son atelier en 1959 à Paris, Aldo déménage près de Mougins en 1963, ville où Picasso réside dans sa villa « Notre Dame de Vie ». C’est par son intermédiaire que le peintre se remet à la gravure. Picasso maîtrise parfaitement toutes les techniques de gravure : point fine ou sèche, taille douce, eau-forte et aquatinte, aquatinte au sucre, burin, grattoir, il a le génie de maîtriser son geste, de savoir ce qui ressortira en final, sans dessin préalable. Il travaille sur plusieurs planches à la fois n’ayant pas la patience d’attendre l’impression de son dessin qu’il laisse volontiers à Aldo. Le peintre semble pris d’une frénésie de créer puisqu’il produira plus de 700 estampes.

Pablo Picasso ne donne pas de nom à ses gravures mais les date. Il emploie divers moyens d’estampage, expérimente d’autres techniques, les changeant à chaque fois qu’il aborde un autre sujet, n’hésitant pas à les mélanger.
Différents thèmes nous sont présentés : l’illustration de la Célestine, les scènes de rapt, la tauromachie, l’atelier du peintre, le bain turc, les portraits, les scènes érotiques mais à chaque fois nous trouvons un fil conducteur ; le regard, regard du sujet, du peintre, du voyeur, regards qui nous appellent et nous font entrer dans les scènes représentées.
Chaque estampe est tirée à 50 exemplaires, en accord avec le peintre et son éditeur. Les éditions post-mortem ne sont évidemment pas signées. Il circule de nombreux faux et il est prudent de prendre un avis éclairé auprès de spécialiste avant tout achat.

Les auditeurs se sont ensuite retrouvés autour du verre de l’amitié, et ont pu feuilleter des livres autour de Pierre Soulages et de ses œuvres.
Merci aux Amis du Musée Soulages qui nous ont proposé ce thème simultanément avec l’exposition actuellement à l’affiche au Musée Soulages de Rodez.

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